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Travail commun des Compagnons – Tenue du 2 mai 6024

Travail commun des CC:. de notre Loge, ainsi que du F:. G:. F:., C:. visiteur régulier suite à une instruction donnée en février à la fin de laquelle nous leur avions demandé un travail – sujet libre, mais ayant trait au grade de compagnon – qui serait présenté lors d’une Tenue au 2ème degré.

Ils ont donc choisi de parler chacun d’un outil et de rédiger une conclusion commune
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La règle : travail du F:. A:. N:.

Lors de la deuxième étape de notre cheminement maçonnique, nous avons eu l’opportunité
de faire différents voyages munis de différents outils. Alors que certains de ces outils nous
étaient donnés puis retirés en association à des voyages spécifiques, l’un d’entre eux a été
présent lors de nos quatre premiers voyages : la règle complémentée dans deux voyages par
le levier et l’équerre.

Avant de poursuivre notre réflexion sur cet outil, nous avons souhaité commencer par
découvrir la définition profane de la règle.

Tout d’abord, d’un point de vue étymologique, la règle vient du latin « regula », signifiant
certes règle mais également équerre, loi.

Cependant, pour la plupart des profanes, la règle fait référence à cet instrument que nous avons tous connu dans l’enfance sur les bancs de l’école, correspondant à la première définition du dictionnaire de l’Académie française, à savoir : « Instrument rigide, long et droit, qui sert à guider la main pour tracer des lignes et à mesurer des longueurs ».

Alors, que pourrait symboliser cette règle au sein de notre temple ?
Dans notre interprétation maçonnique, la règle correspondrait plutôt à la deuxième définition donnée
par ce même dictionnaire, à savoir : « Ce qui guide ou gouverne l’action, la pensée ».

Depuis notre initiation et jusqu’à notre promotion, nous avons surtout appris à observer dans le
silence et à chercher à comprendre. L’un des premiers travaux de l’apprenti est également
d’apprendre à préparer notre temple en vue de nos travaux.

Sur notre tableau de loge, parmi les sept outils qui y sont disposés, une règle en bois graduée par 24 y figure. C’est cette même règle que nous avons eue en notre possession dans la main gauche de manière constante durant les quatre premiers voyages.

Alors pourquoi est-elle si importante ? Dans un premier temps, la règle en tant qu’outil nous
permet de tracer un chemin, de réaliser des plans et de vérifier avec précision le résultat
d’un travail. Elle nous permet de rester sur le droit chemin que nous avons chacun décidé de
suivre, à savoir tailler notre pierre brute et lui donner le poli et l’élégance nécessaire pour
qu’elle s’insère au mieux dans l’élévation d’un édifice commun.
Grâce à elle, deux points séparés peuvent être réunis et former un ensemble.

Dans un second temps, la règle, au sens moral, nous rappelle que nous devons être justes,
droits et équitables, qualités indispensables pour être des hommes libres et de bonnes
moeurs, et donc pour espérer devenir FM :.

Présente dès notre premier voyage, symbolisant notre grade d’apprenti jusqu’au quatrième voyage représentant l’application de nos connaissances au sein de la société.
Sa graduation parfaite, faisant référence aux 24 heures d’une journée, nous rappelle que nous nous devons de continuer à travailler et à suivre nos principes de manière continue, régulière et infinie.

À chaque nouveau jour, nous nous devons de prendre cette même règle afin de poursuivre notre idéal commun.

Pour conclure, nous devons garder constamment la règle que nous nous sommes imposée, à
la fois dans la vie maçonnique mais également profane. Son caractère infini nous rappellera
que nos efforts et nos principes doivent être soutenus en tout temps et sa conception nous
permettra de toujours vérifier la rectitude et la justesse de nos actions.

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Le Levier : travail du F:. G:. F:.

Ainsi durant le 3e Voyage initiatique, nos FF :. nous confièrent un levier.
Nous nous en sommes saisis, non sans effroi, car la tradition rapporte qu’Archimède en dit :
«Donne-moi où je puisse me tenir ferme, et j’ébranlerai la terre»[i]

Un outil si puissant qu’il puisse mettre en mouvement l’orbe terrestre, terrifiant et dangereux,
sied pourtant bien au jeune C :., puisque conformément à son âge, il se compose de cinq éléments :

  • Le Point d’appui, centre sur lequel repose la force et la loi de l’outil
  • La Puissance, force du C:. petite ou grande selon ses capacités
  • Le Bras de puissance, qui prolonge ceux du C:. et multiplie sa force
  • La Résistance, force qui s’oppose aux efforts du C:., petite ou grande selon les circonstances
  • Le Bras de résistance, qui multiplie la force de la Résistance

La loi du levier est simple : pour que la Résistance soit vaincue, pour que la Terre se meuve, il suffit que la Puissance, multipliée par la longueur de son bras, c’est-à-dire la distance du Point d’appui au point d’application de la Puissance, soit plus grande que la Résistance, multipliée par la longueur de son bras.

P x BP > R x BR

Le levier est donc une affaire de ratio, c’est-à-dire rationnelle. Le C:. détermine par la connaissance adéquate de sa propre Puissance et de la Résistance qu’il se propose de surmonter, le point d’appui idoine, ainsi que les rapports opportuns. Ainsi peut-il mettre en mouvement la pierre pesante.

Il paraît paradoxal que le C:., qui ambitionne la construction du T:.d:.l:.H:.,
assis sur des fondations inébranlables,
aux colonnes éternelles et stables,
se dote d’un outil capable de les ébranler.

C’est que le Temple est inachevé.

Il EST DÉJÀ, héritier des murs et des pierres du passé,
mais, il N’EST PAS ENCORE ce qu’il SERA.

En devenir, le T:.d:.l:.H:. sera ce que les maçons en feront.
En effet, «Je serai qui je serai» est bien le nom que que le G:.A:.D:.L:.U:. confia à Moïse, dans la grotte obscure, pour qu’il puisse annoncer la libération promise à ses CC:.

De même, profane dans les ténèbres, nous avons hérité des coutumes, dogmes et préjugés de nos éducation, des mœurs locales et familiales et autres accidents de nos histoires.
Nous travaillons donc, plein d’usage et raison, du levier, pour abattre les murs qui emprisonnent et ceux qui séparent.

Nous soulevons et déplaçons les pierres d’achoppement, de là où elle sont,
vers là où elles doivent être, pour qu’elles deviennent pierres de soutènement.

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L’Equerre : travail du F:. G:. M:.

Dans la Franc-Maçonnerie, l’équerre incarne bien plus qu’un simple outil de mesure pour les tailleurs de pierre. C’est un symbole riche de significations qui se transmet seulement à des adeptes qualifiés, imprégné de valeurs fondamentales qui guident les pas des initiés.

Dès le quatrième voyage initiatique, l’équerre se révèle au regard du Compagnon. Utilisée pour vérifier les angles droits, elle assure la solidité des édifices, mais également celle des valeurs maçonniques telles que la fraternité et les règles, la Loi, notre devoir sacré. En effet, elle incite à travailler dans la droiture et la rigueur, symbolisant ainsi la progression de l’initié sur des bases régulières et ordonnées.

Sur le plan ésotérique, l’équerre évoque les marches de l’escalier de l’élévation spirituelle. Sa forme triangulaire rappelle le delta lumineux des francs-maçons, symbole du Grand Architecte de l’Univers, où la dualité se réconcilie dans l’unité et où la pointe représente le point d’accès au divin.

Mais au-delà de son symbolisme, l’équerre incarne des valeurs éthiques profondes. Elle est le symbole de l’ordre, de la stabilité, de l’équité et de la fraternité, harmonisant les relations entre les êtres.  Avec le compas, elle forme l’une des trois grandes lumières de la Franc-Maçonnerie.

Dans les rituels maçonniques, l’équerre accompagne le parcours initiatique des apprentis et des compagnons, symbolisant la vérification permanente et la quête de la perfection. Elle est le bijou du Vénérable Maître, représentant la rencontre de la verticalité et de l’horizontalité, de la spiritualité et de la matérialité.

Ainsi, l’équerre en Franc-Maçonnerie dépasse sa simple fonction d’outil de mesure pour devenir le symbole vivant de la rectitude, de l’harmonie et de la quête perpétuelle de la Lumière. Elle guide les pas des initiés sur le chemin de la connaissance et de la réalisation de soi, dans un monde où la dualité se fond dans l’unité, où la matière s’unit à l’esprit, et où la recherche de la vérité se fait dans la droiture et la fraternité.

L’équerre, la perpendiculaire et le niveau sont appelés bijoux mobiles car ils passent d’un frère à l’autre. Ils se transmettent lors du changement de fonction.

L’équerre indique la voie tracée d’une vie d’équité, de probité et de droiture. Ce sont autant de vertus, qui doivent imprégner tous les gestes et le comportement d’un franc-maçon. L’équerre est l’instrument d’architecture par lequel est éprouvé tout compagnon maçon à son entrée en loge, car c’est l’outil qui donne la norme de comportement.

Lorsque nous évoquons l’Équerre, nous nous référons à un symbole riche de significations. C’est la seconde parmi nos grandes lumières, représentant la matière et sa transformation. Elle nous enseigne à agir selon l’angle droit, celui de la raison, de la justice et de la droiture. Dans notre parcours, nous sommes tous semblables à des pierres brutes, aux aspérités multiples et parfois tumultueuses. Mais guidés par l’Équerre, nous pouvons polir ces aspérités pour devenir des pierres cubiques et lisses. Ainsi, nous incarnons les valeurs fondamentales que chaque franc-maçon aspire à cultiver en lui-même : rectitude, constance et authenticité.

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En conclusion :

Équipés de la règle, nous traçons avec précision les contours de l’œuvre à accomplir, tandis que le levier multiplie nos efforts. L’équerre devient notre ancre, garantissant la justesse et l’élévation de notre quête vers la spiritualité. En ces symboles, nous découvrons les outils nécessaires pour bâtir non seulement des édifices matériels, mais aussi les fondations d’une édification intérieure, guidée par la lumière de la connaissance et de la fraternité.

V:.M:., Dign:. qui décorez l’Or:. et vous tous MMTTCCFF:., nous avons dit.


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La Loge Tradition, fondée le 24 septembre 1972 à l'Orient de Lausanne et portant le No 51, est membre de la Grande Loge Suisse Alpina et travaille au Rite Ecossais Ancien et Accepté (REAA).

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