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Franc-Maçonnerie et musique – planche d’Orateur suite à l’initiation du 15 mai 2025

Partie importante du rituel, la musique se doit d’être vectrice d’émotion et porter une Tenue. Peu étonnant donc que beaucoup de FF:. (connus ou non) soient ou aient étés compositeurs.


VMC:., dignitaires qui décorez l’Orient, et vous tous MMTTCCFF:.,

Musique et Franc-Maçonnerie partagent de nombreux points communs : elles nécessitent toute deux une initiation, un maître, un travail régulier qui mène à la maîtrise, et se partagent au cours de rituels.
Mais surtout, toutes deux offrent une vision du monde sensible, qui transcende les mots.
Nul étonnement, donc, à ce que de nombreux musiciens aient, au fil du temps, adhéré à la Franc-Maçonnerie.

Ce qui unit d’emblée musique et Maçonnerie, c’est le lien de l’indicible ; de même qu’il n’y a de secret Maçonnique qu’à travers les non-dits, il y a dans l’art musical, quels qu’en soient le genre, l’origine
ou le style, l’expression ultime de ce qui ne peut se dire autrement ; le commentaire et même l’analyse du texte musical ne seront toujours que périphéries de celui-ci, irréductibles à l’essentiel. De même, il semble qu’en Maçonnerie ce qui s’éprouve et relève de la connaissance ne puisse se transmettre que par l’expérience partagée. La musique et la Maçonnerie ne sont pas dans l’ordre de la raison mais dans celui du discret.

De nombreuses convergences entre la musique et la maçonnerie apparaissent : d’abord pour la méthode – il faut être Initié. Pour l’apprentissage, il faut un parrain qui soit un maître. Quant au travail, il faut faire ses gammes en respectant un rituel ou travailler sans relâche à «son perfectionnement intellectuel et moral» pour aboutir à la «maîtrise» de l’instrument ou à celle du degré Maçonnique.

L’échange lui aussi est «ritualisé» : la Tenue ou le concert, et parfois même la communion, ou égrégore, éprouvée par le groupe. Ce qui est ressenti lors d’une chaîne d’union par exemple, qu’il faut mettre en regard d’un instant de ferveur partagée pour un air d’opéra.

Point important, le Frère de la Colonne d’Harmonie n’est pas là pour remplir musicalement des vides, mais au contraire pour trouver une alchimie entre silence et musique. Il a, à chaque tenue, une Planche à part entière à réaliser, non seulement en fonction de l’ordre du jour, mais aussi, et c’est une difficulté supplémentaire, en fonction du déroulement même des travaux.

Peu importe que la musique diffusée soit Maçonnique ou non, classique ou de variété, instrumentale ou vocale, dans la mesure où elle s’intègre au rituel, lui aussi imprégné de sons organisés et de rythmes : alternance de la parole, coups de maillet, batterie, déambulation, allumage et extinction des feux par exemple.

Que dire des points communs entre Liszt, Sibelius et Duke Ellington, Count Basie, Lionel Hampton, Louis Armstrong et Joséphine Baker… Une réponse possible, celle de Claude Lévi-Strauss, qui affirme : « La musique et la mythologie sont des machines à supprimer le temps. Si bien qu’en écoutant la musique et pendant que nous l’écoutons, nous accédons à une sorte d’immortalité. Que la musique soit un langage, à la fois intelligible et intraduisible, fait de la musique elle-même le suprême mystère des sciences de l’homme, celui contre lequel elles butent et qui garde la clé de leur progrès».

L’histoire des relations entre la Franc-Maçonnerie et la musique ne se limite pas à l’Europe des Lumières. Aux Etats-Unis, la Franc-Maconnerie spéculative s’est imposée aux alentours des années 1740. Si elle partageait bien entendu les idéaux Maçonniques, elle avait une particularité compte-tenu de son histoire. En effet l’esclavagisme était de règle puisque seulement aboli en 1865, soit cent ans plus tard. De ce fait les francs-maçons, pour beaucoup d’entre eux esclavagistes et de race blanche, n’acceptaient dans leur Loge que très rarement les noirs.

C’est sous la houlette d’un certain Prince Hall, militant des droits civiques et abolitionniste, initié avec quatorze autres afro-américains comme lui dans une Loge militaire britannique à Boston le 6 mars 1775, que se constitue l’année suivante une nouvelle loge dénommée «African Lodge», qui n’a finalement été reconnue officiellement, compte tenu du contexte, que onze ans plus tard.

Cette Maçonnerie «noire» a fortement participé à l’émancipation des jeunes afro-américains et à l’évolution de la Franc-Maçonnerie aux États-Unis, notamment au niveau de la mixité de races dans les Loges. L’implication et l’engagement de ces jazzmen en Maçonnerie n’était pas que façade.

On n’écoutera plus tout à fait de la même façon la magnifique chanson de Duke Ellington «I’m beginning to see the Light» lorsqu’on saura que ce n’est pas une chanson d’amour mais… ses propres impressions d’initiation.

VMC, dignitaires qui décorez l’Orient, et vous tous MMTTCCFF:., j’ai dit !

I:.S:. Orateur

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