
Le titre parle de soi et n’épargne malheureusement aucune Loge…
V:.M:., Dignitaires qui décorez l’Or:. et vous tous MMTTCCFF:.,
ABSENCE : définition :
– Fait pour quelqu’un, quelque chose de ne pas se trouver à l’endroit où l’on s’attend à ce qu’il soit.
– Temps pendant lequel quelqu’un est absent de ce lieu : On a constaté son absence.
– Cela s’est passé pendant mon absence.
– Fait pour quelqu’un de ne pas se rendre là où il est censé se rendre, et, en particulier, de ne pas aller à son travail, de ne pas assister à un cours, de ne pas participer à toute activité à laquelle il est tenu d’assister.
– On reproche à quelqu’un ses absences lorsqu’elles se répètent trop souvent.
– Fait pour quelqu’un ou quelque chose de ne pas exister ou de manquer :
– L’absence de témoin rend l’enquête difficile.
– Perte momentanée de la mémoire, moment d’inattention : depuis son accident, il a souvent des absences.
– Interruption passagère de la conscience.
Comme vous le constatez l’absence peut ainsi avoir de nombreux sens et donc plusieurs définitions.
Cela peut être une inattention brève, mais ce peut être aussi une non -présence ou un manque.
J’évoquerai enfin cet état d’absence que l’on nomme également disparition et vous laisserai entrevoir des développements qui pourront trouver leur place ultérieurement.
J’évoquerai tout d’abord :
L’absence active ou l’état recherché de « non présence »
Il existe un langage de la non présence que je vais tenter de déchiffrer avec vous.
Le langage de cette forme d’absence est multiple.
L’absence peut être l’Expression d’une forme de désintérêt :
L’absence est en effet parfois une forme de désintérêt pour un sujet, pour une institution, pour ses membres ou ceux d’une association, pour un intervenant, pour un chanteur ou un poète.
Elle survient par lassitude, ou par manque d’imagination, parfois par manque de considération.
Il arrive alors qu’elle se retourne contre l’absent dont chacun sait que selon l’adage il a toujours tort.
Mais L’absence peut être aussi l’expression d’une forme de mépris :
L’absence est parfois l’expression du mépris du travail accompli ou plus grave de la parole donnée.
Cette forme d’absence est souvent le langage des plus faibles voire quelque fois des lâches qui devront être laissés là où ils sont et pour ce qu’ils sont.
C’est ce que l’on appelle aussi parfois la politique de la chaise vide qui n’est pas souvent très éloignée, au moins dans ses effets, de celle de l’autruche.
L’absence est parfois la traduction d’une forme de paresse :
L’absence est en effet parfois l’expression de la paresse à ne pas confondre avec une lassitude passagère ou avec la paresse pathologique.
Non, car l’absence par paresse est celle que rien ne justifie, une absence sans calcul, sans autre raison que celle d’un manque de volonté.
Plaignons ceux qui la pratiquent car la paresse est la mère de tous les vices et de tous les désordres.
C’est un des sept péchés capitaux et nos amis belges disent que la paresse est l’oreiller du diable.
L’absence peut aussi être une manifestation de l’intérêt d’être ailleurs :
Une des premières manifestations de cette forme d’absence – souvent d’ailleurs mâtinée de désintérêt – fut l’école buissonnière.
Mais il est aussi des absences excusables qui sont alors l’expression d’un choix souvent difficile et le regret de n’avoir pas le don d’ubiquité.
Je mentionnerai également l’absence qui puise ses racines dans la peur, absence que l’on rencontre dans les armées sous le nom de désertion ou celle plus calculée que les objecteurs de conscience pratiquent parfois. Le mot absence a la même racine que l’abstention et en a parfois les mêmes effets.
N’oublions pas de mentionner l’absence excusable, la plus fréquente, celle qui trouve sa source dans notre quotidien à tous, faite de raisons familiales, professionnelles ou de santé.
Cette absence doit toujours être pardonnée même si elle n’est pas toujours assortie d’une obole…
Mais il est une constante à toutes les formes d’absences c’est que l’absence n’existe que par rapport à quelqu’un que l’on attendait.
Vous est-il en effet arrivé de réfléchir à cette idée «si évidente» que l’on ne peut parler d’absence que de quelqu’un que l’on attendait. Car l’absence entendue comme une «non présence» ne peut être ressentie que par rapport à une présence attendue.
En effet si la présence de quelqu’un que l’on n’attendait pas peut être différemment ressentie selon le plaisir ou le désagrément qu’elle procure, l’absence de quelqu’un que l’on n’attendait pas n’existe pas !
C’est en cela que l’absence est un concept créé par la société, pour la vie en société.
L’absence est un état ressenti d’un individu ou d’un groupe d’individu par rapport à un autre.
Et si dans notre vie Maçonnique, les termes de Fraternité et de solidarité ont tant d’importance c’est que leur absence même passagère est un manquement au serment que nous avons fait.
Et que l’assiduité des FF\et aux travaux de la Loge qui est une règle impérative pour l’apprenti est une obligation morale et de bonne conduite maçonnique pour tous les FF:. valides non empêchés.
Et rappelons-nous aussi que : Toute absence est un risque car … qui va à la chasse perd sa place (Henry de Montherlant).
Permettez-moi d’aborder maintenant brièvement les conséquences de l’absence active.
Conséquences pour l’absent
Il existe des sanctions matérielles et des sanctions morales.
Parmi les sanctions matérielles on peut relever pêle-mêle :
Les règles sanctionnant le manque d’assiduité en Loge qui peuvent aller jusqu’à la radiation qui sanctionne le défaut persistant d’assiduité, la privation des jetons de présence dans les conseils d’administration.
Mais il existe aussi et surtout des sanctions morales :
La réprobation, expression courtoise et Fraternelle d’une absence renouvelée que rien ne viendrait valablement excuser.
Mais aussi et surtout :
L’oubli qui est la sanction suprême de l’absence renouvelée.
Et qu’est-ce donc qu’être oublié si ce n’est mourir un peu.
Et oublier quelqu’un n’est-ce pas une forme d’exécution capitale au sein de sa mémoire ?
C’est pourquoi nous devons toujours nous garder d’oublier l’absent dont la non présence n’est pas la volonté affirmée d’un désintérêt que rien ne pourrait excuser.
L’appel des FF:. de l’Atelier et l’évocation de ceux qui ont rejoint l’Orient-Céleste constituent un rempart à l’oubli de ces absents involontaires.
Quant aux autres, les présents, c’est-à-dire ceux qui attendent en vain, ils sont parfois tristes, parfois ennuyés, parfois agacés, souvent désabusés, ils éprouvent parfois un sentiment d’amertume ou de déconvenue …
Bref l’absence d’un être attendu ne laisse que rarement indifférent.
Et quand cela arrive, c’est parfois que celui que l’on attendait n’en valait pas la peine !
Après avoir survolé l’absence volontaire et ses différentes significations, je voudrais évoquer l’absence subie, de celle dont La Fontaine a écrit que c’était : « Le plus grand des maux »
C’est ce que j’ai appelé également l’absence passive. L’absence passive ce peut être :
L’absence Psychiatrique qui se définit comme une interruption passagère de la conscience : le malade est dans un état d’hébétude et semble absent.. C’est-à-dire ailleurs.
L’anémotivité qui est une absence d’état émotionnel qui peut entrainer de très graves désordres
La Confusion mentale état dans lequel le malade semble égaré, absent, et ne sait plus où il se trouve, mais je veux aussi et surtout évoquer, vous l’avez compris, cet état de manque que l’on ressent parfois lorsque l’absence vous est imposée ou qu’elle s’impose à vous.
Avez-vous déjà eu conscience de la présence de l’absent ?
Si cela vous est arrivé vous savez alors ce dont je vous entretiens ce midi.
Il se peut que l’on se trouve en effet confronté à ce paradoxe que l’absence devienne omniprésence et que l’absent devienne omniprésent.
De sorte que l’absence visible peut devenir, de fait, une présence invisible.
Et parfois bien plus que la non présence de l’absent c’est le silence et le vide qui sont difficiles à supporter.
Pas seulement ne plus voir mais, ne plus sentir, ne plus ressentir ne plus entendre.
Ne plus pouvoir échanger, ne plus pouvoir communiquer.
Cette absence «visible» objective est alors celle du monde des vivants et pose de nombreuses questions telles que : existe-t-il une vie après la vie ?
Mais revenons à ces absents que sont nos disparus.
Nous terminons habituellement nos tenues par une chaine d’union et il est parfois évoqué à cette occasion le terme d’égrégore comme « un moment d’exaltation collectif, souvent vécu en fin de Tenue lors de la chaîne d’union regroupant les maçons formant le cercle, mains enlacées, évoquant le lien qui les unit aux Maçons du monde entier, à ceux qui les ont précédés et à ceux qui les suivront.
Si quelques FF:. parmi nous ont déjà ressenti cet égrégore il est probable qu’ils possèdent un don de médium qui peut permettre à un certain stade d’avancement et sous certaines conditions d’entretenir des communications avec les esprits des disparus.
D’où l’important rôle du F\ Hospitalier dans le cas des absences en Loge.
Je serais tenté de dire que s’il n’y a pas de véritable remède connu des F:., il y a au moins des formes d’apaisements.
Et il me semble que l’apaisement passe par l’Amour, l’Amour de l’autre, l’Amour de la vie, l’Amour de nos valeurs de Fraternité.
Je ne voudrais pas terminer cette Planche sur l’absence sans vous proposer quelques belles citations sur l’absence :
De Roger Bussy-Rabutin «L’absence est à l’amour, ce qu’est au feu le vent ; il éteint le petit, il allume le grand.»
Extrait de Les Plaisirs et les jours de Paul Verlaine «Elle ne savait pas que l’Enfer, c’est l’absence».
Extrait de Jadis et naguère de Victor Hugo «L’enfer, c’est l’absence éternelle».
Et un clin d’œil en mémoire de nos FF:. qui ont trouvé la mort en faisant leur métier d’humoristes auprès de Charly Hebdo : les FF:. Bernard Maris, Michel Renaud et Tignous et à notre Sœur Maryse, la Veuve de Georges Wolinski « La notoriété c’est lorsqu’on remarque votre présence, la célébrité c’est lorsqu’on note votre absence».
Si je devais résumer l’absence d’un mot je dirais que l’absence rime avec souffrance.
Souffrance de celui ou celle qui subit l’absence. Et si je devais résumer cette Planche par quelques mots je dirai que l’amour est plus fort que la mort. La présence des absents en est la preuve.
Et que Les morts vivent tant qu’il y a des vivants pour penser à eux.
J’ai dit !
I:. S:.

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