
Echanges effectués lors des travaux du 6 mars dernier lors d’une de nos traditionnelles Tenue « D’une colonne à l’autre ». Textes dans l’ordre de passage, s’ensuivirent des interventions toutes plus enrichissantes l’une que l’autre, mais qui ne sont malheureusement pas reportées ici.
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Texte du F:. F:. A:.
MMTTCCFF :.
Aucune Obédience connue ne se trouvant – à ma connaissance – ailleurs que sur notre planète, j’aborderai l’universalité d’un point de vue purement géographique.
L’universalité de la Franc-Maçonnerie ne résulte pas seulement de sa présence aux quatre coins du monde, mais également dans les valeurs communes qu’elle véhicule. Au-delà des différences culturelles, linguistiques ou rituelliques, chaque F :. où qu’il se trouve, partage une quête commune : celle de la recherche de la vérité, et de son élévation morale et spirituelle.
Que l’ont ait été initié en Orient ou en Occident, dans une Obédience régulière ou libérale, nous portons tous en nous la flamme d’un idéal universel qui repose sur des principes fondamentaux : la fraternité, ciment du lien entre Maçons – la bienveillance, qui transcende les frontières et les dogmes – et la recherche de la sagesse, point de départ de tout cheminement initiatique.
Et ce malgré la diversité de nos pratique, rites et interprétations culturelles, chaque F:., faisant ainsi partie d’un tout. Ce tout, constituant de fait un édifice basé sur des idéaux communs et une volonté d’amélioration personnelle dans le but de rayonner sur le monde profane.
Oui mais comment le faire si nous ne parlons pas la même langue et par conséquent sommes incapables de nous comprendre ?
Et bien… nul besoin de parler le même idiome étant donné que nous partageons un langage commun : la symbolique. J’en veux pour preuve, le compas et l’équerre (qui de mon point de vue sont LES symboles universels) et qui rappellent à chaque Maçon, qu’indépendamment de son rite ou du lieu où se trouve son atelier, on doit le reconnaître « 1) à la sagesse de son discours, 2) à la prudence de ses actions et 3) à la dignité de sa conduite ».
En conclusion de cette brève réflexion et également de notre rituel, cette simple phrase mes emble appropriée : « La lumière du monde s’éteint, conservons en nous celle de l’éternelle sagesse ».
Elle nous rappelle que ce principe d’universalité n’existe au final que grâce à cette petite flamme que chaque F :. porte et entretiens au fond de lui.
De prime abord fragile voire insignifiante, elle ne prend toute sa mesure que lorsqu’elle est associée à celles des autres FF :. de l’atelier – de l’Obédience – des Obédiences – puis du monde : gagnant ainsi en puissance et éclairant ce monde grâce aux valeurs de notre Ordre, valeurs dans lesquelles chaque Maçon digne de ce nom devrait se rconnaître.
J’ai dit
F:. A:.
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Texte du F:. D:. A:.
VM :: dignitaires qui décorez l’orient et vous tous MMTTCCFF :.
Une FM : universelle peut représenter un idéale qui semble parfois difficile à concrétiser. Entre les différentes obédiences, les rituels propres à chaque atelier, les aspects traditionnels et les cultures variées, l’unité absolue semble très difficile à atteindre voir impossible.
Mais Pourtant, est-ce vraiment en contradiction avec l’esprit de notre Ordre ?
Ayant un métier technique, j’ai l’habitude d’analyser les choses tout d’abord sous un angle logique alors j’ai essayé répondre à la question à partir de ce point de vue.
Si l’on applique la logique d’Aristote, il faut commencer par définir ce qu’on entend par universalité.
Cela signifie être identique partout, ou plutôt partager des principes communs tout en respectant les différences ?
Aristote distingue quatre causes pour expliquer une chose :
- Sa nature
- Ce dont elle est faite
- Ce qui la met en mouvement
- Et son but
L’universalité de la franc-maçonnerie se situe donc dans sa cause naturelle et sa finalité. Elle est fondée sur la recherche de la vérité et le perfectionnement moral de l’homme.
Une chose ne peut être et ne pas être en même temps sous le même rapport. La FM :. Universelle ne signifie pas qu’elle est identique partout, mais qu’elle repose sur une essence commune qui transcende les formes variées. Cette essence, c’est la fraternité et la recherche de la sagesse.
De mon point de vue en tant que technicien, l’universel n’est jamais une vérité figée, mais un modèle validé par l’expérience et l’observation actuels. De la même manière, je pense que la FM :. Ne vise pas à imposer une forme unique, mais à faire apparaître des principes partagés à travers des traditions diverses. Comme en chimie, où des éléments différents réagissent ensemble pour former de nouveaux composés, la FM :. Se nourrit des différences.
D’un autre point de vue, Le stoïcisme nous apprend que l’homme ne peut agir que sur lui-même. L’universalité, dans ce sens, n’est pas une norme à imposer, mais un état d’esprit à cultiver. Si chaque FF :. S’efforce de comprendre l’autre, de respecter la différence sans chercher à l’effacer ou lui imposer ses propres idées, alors l’universalité devient une réalité vécue (une observation permettrait de la valider) et non un simple concept.
Dans ce sens la diversité des rituels n’est donc pas un obstacle à l’universalité, mais plutôt sa condition. Ce qui compte, de mon humble point de vue, ce n’est pas d’abolir les différences, mais de maintenir un dialogue sincère entre elles.
Comme vous le savez, je suis un migrant né en Colombie vivant en Suisse depuis une vingtaine d’années, Depuis toutes ces années j’ai appris à voir les choses sous des angles différents.
Mon expérience me montre que l’universel n’est pas l’uniforme, mais l’acceptation des diversités dans un cadre commun et la FM : que j’ai eu la chance de vivre jusqu’à ce jour, et en particulier dans notre atelier est bien la preuve de cela. Un jour, j’espère avoir la chance d’aller en L :. En Colombie, je pense que je ne retrouverai pas les mêmes pratiques que « Chez nous », mais j’espère reconnaîtrai les mêmes valeurs essentielles.
Donc, parler d’une FM :. Universelle, ce n’est pas rêver d’une structure unique et uniforme, mais reconnaître un espace commun d’échange et de travail. L’universalité n’est pas un état figé, mais une démarche constante. Elle ne sera jamais un dogme, mais un chemin vers un idéal qui prend vie dans l’engagement personnel de chaque FF :.
Pour conclure, L’universalité de la FM :. n’est donc ni une utopie, ni un état définitif. C’est un projet à réaliser dans chaque atelier, à chaque moment de partage lors des agapes, et surtout en soi-même. Ce n’est pas un rêve inaccessible, mais une façon de pratiquer la fraternité au quotidien.
VM :. J’ai dit.
D:. A:.
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Texte du F:. F:. L:.
VM:. dignitaire qui décorez l’orient et vous tous MMTTCCFF
Je souhaiterais, avant de m’exprimer sur son affirmation, ou pire, d’y mettre une projection personnelle quant à la question du jour : la *F :. M :. Universelle est-elle, oui ou non, une utopie ?
*Universelle ?
La définition dit : « qui s’étend partout, à être partout ainsi qu’à la totalité des personnes et objets qui existent. »
Partons du postulat que le G:. Arch:. de l’univers (nous y entendons déjà là une clé) est Omniscient, omnipotent et éternel. Cela impliquerait qu’en chaque F:. M:. porterait en lui, avant et après son initiation, ce qui est déjà présent en lui.
Maintenant, faisons usage de la *langue des oiseaux, ouvrons ce mot pour y voir ce qu’il revêt : *uni – ver – selle. Nous sommes bien tous à la quête de cette lumière vers laquelle nous nous dirigeons tous.
D’ailleurs, en regardant de plus près, quel est le premier acte du V:. M:. fait pour ouvrir nos travaux ? Il allume la première lumière. Puis que faisons-nous une fois cela fait ? Nous nous rassemblons, donc le fait de *s’unir autour d’elle.
C’est donc bien *Elle qui nous unit…
Pour paraphraser l’adage : *Semons dans le coeur de nos semblables le verbe, afin qu’il y rayonne.
En cela, j’y répondrai à la question : la F:. M:. est-elle universelle ? Oui, elle l’est,
V:. M:. Cependant, a contrario, faut-il en avoir conscience ? Car sinon, effectivement, elle restera une utopie stérile, enfermée dans le mental, sans y pouvoir être appliquée.
J’ai dit
F:. L:.
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Texte du F:. OR:. I:. S:.
VMC, dignitaires qui décorez l’Orient, et vous tous mes très chers Frères,
Aux États-Unis, Blancs et Noirs ne fréquentent ni les mêmes Loges ni les mêmes obédiences. Et toutes les Grandes Loges blanches ne reconnaissent pas les Grandes Loges noires. Dans le monde sous influence anglaise, la Maçonnerie masculine refuse de reconnaître la Maçonnerie féminine. Cela n’est-il pas contraire à l’esprit universel de la Maçonnerie ?
Au fil de mon parcours initiatique, j’ai compris la portée de cette puissance de l’unité et que cette puissance se circonscrit à tous mes Frères, un groupe dont je fais maintenant partie comme maillon de la chaîne. Donc l’unité devient incontournable dans ma vie Maçonnique.
Et pourtant, qu’il est contrariant de constater, qu’en trois cent ans, il persiste encore tant de désunion dans l’ensemble du monde Maçonnique ! Diverses obédiences, pratiquant différentes formes de l’Art ancien, coexistent, certaines en harmonie, d’autres en disharmonie.
Selon moi, le plus flagrant exemple de cette désunion est illustré par l’existence de deux systèmes dans la Maçonnerie masculine dans les États d’Amérique du Nord. Une Grande Loge – soi-disant régulière – est principalement composée de Francs-maçons de couleur blanche, alors qu’en parallèle, il y a la Grande Loge de Prince Hall, fréquentée quasi exclusivement par des Maçons de couleur.
C’est un exemple extrême et, heureusement, ces vingt dernières années, les deux systèmes ont fini par se reconnaître mutuellement, mais pas dans tous les États du pays. C’est un véritable scandale que, dans certains États du Sud des États-Unis, la Grande Loge soi-disant régulière ne reconnaisse pas la Grande Loge de Prince Hall. Je trouve cette attitude humiliante et contraire à tous les principes Maçonniques, car c’est la négation même de la raison d’être de la Franc-Maçonnerie, à savoir l’unité dans la Fraternité.
De même qu’il est scandaleux que le mépris que portent des Francs-Maçons blancs nord-américains à l’égard de leurs Frères noirs, de même nous devons nous interroger sur la large exclusion des femmes de notre vieille confrérie.
Une telle exclusion prend ses sources dans les conventions sociales en vigueur au début du XVIIIème siècle, conventions qui prétendaient que les femmes n’étaient pas des citoyennes entièrement libres mais tributaires des lois et de la volonté des hommes : cela n’est plus ni valable ni justifié depuis longtemps.
Dans notre propre pays, la Grande Loge Unie d’Angleterre, qui est la plus importante en termes de membres, est une Obédience uniquement masculine.
VMC, dignitaires qui décorez l’Orient, et vous tous mes très chers Frères, j’ai dit !

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