
Partie d’un article rédigé par notre V:. M:. paru dans la revue « Alpina » numéro 6 de 2024, traitant des trois questions suivantes :
1) points forts / atouts de notre Obédience
2) points faibles / faiblesses de notre Obédience
3) Défis à relever pour les années futures
Et si ces réponses étaient le premier pas de votre chemin initiatique ?
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Lorsque l’on pense à l’évolution technologique des 30 dernières années et l’impact qu’elle a eu sur notre quotidien, il est difficile d’imaginer à quoi pouvait ressembler la vie courante il y a 180 ans de cela.
Nous en avons pourtant probablement un aperçu dans les archives de la GLSA, ne serait-ce que par la manière dont elles ont été consignées. N’ayant point la prétention d’être fin connaisseur de l’histoire de notre Obédience, c’est avec une certaine candeur que je vais aborder le sujet.
Initié au Grand Orient de Suisse (GOS), ayant effectué mes trois premiers grades dans un environnement maçonnique dit « libéral », la principale force de la GLSA réside à mon sens dans sa structure.
De prime abord rigide, elle garantit néanmoins un cadre clair, laissant peu, voire pas de place aux déviances. Les hiérarchies que l’on trouve à tous les niveaux sont autant de garde-fous prémunissant nos ateliers de potentiels « gourous en devenir ». En ces temps troublés durant lesquels l’insécurité règne, tant dans les domaines professionnels que privés, la GLSA incarne de par sa configuration une forme de stabilité, un repère rassurant pour tous les FF:.
Loin de moi l’idée de dénigrer les autres Obédiences ni de porter la GLSA aux nues, car force est de constater qu’en contrepartie de cette stabilité, une certaine opacité a progressivement pu s’installer. Certes, la communication et les interactions au sein de l’Alpina semblent correctes, mais qu’en est-il de celles faites à l’extérieur ?
Lorsque j’étais encore membre du GOS, je me souviens avoir eu accès à peu d’informations liées de près ou de loin à la GLSA, faisant d’elle une sorte « d’Ordre dans l’Ordre », inatteignable et donnant parfois aux FF:. de mon ancienne Obédience le sentiment d’être des « initiés de seconde zone »… Sentiment dans la plupart des cas biaisé et auto-cultivé, mais néanmoins entretenu par le peu de communication créant de fait ce mystère auréolant ce que nous pensions être « l’Elite de la Franc-Maçonnerie ».
Il est donc aisé d’imaginer la réticence dont un profane peut faire preuve à l’égard de notre Obédience, particulièrement en cette période où le besoin de transparence est exigé de la part des plus jeunes générations, ce sans le moindre compromis ni la moindre limite.
N’oublions toutefois pas qu’outre leurs modes de fonctionnement se heurtant parfois à notre incompréhension, ces nouvelles générations demeurent malgré tout l’avenir de notre Ordre.
Nous sommes à même de répondre à leur besoins en matière de recherches initiatique et spirituelle, tout en étant conscients que pour elles, le besoin de clarté primera toujours sur le reste : d’où la nécessité de revoir notre approche.
Sachant que la discrétion demeure l’un des piliers de la Franc-Maçonnerie, une ouverture sur l’extérieur justement dosée reste à mon sens la clef de sa survie. Point question de dévoiler nos secrets, mais plutôt donner à la GLSA un peu de visibilité afin qu’elle se démarque de toutes les offres « philosophico-ésotériques » actuelles et passer son message simple, universel et rassurant au milieu de ce tumulte.
Je reste convaincu que de bons maillons potentiels se dirigent vers d’autres voies que la Franc-Maçonnerie, souvent par manque de présence de notre part au moment opportun. La meilleure entrée en matière restant sans conteste celle faite par une connaissance, ami ou collègue, il est au vu du contexte social actuel parfois difficile de s’acquitter de cette tâche pourtant inhérente à chaque F:.
Que ce soit pour des raisons professionnelles (horaires, télétravail, déplacements) ou familiales (enfants en bas-âge, conjoint en difficulté), qu’on le veuille ou non, notre cercle social a tendance à s’amaigrir inexorablement, réduisant de fait les « chances de tomber sur un bon candidat ».
J’en veux pour preuve cette question simple que chaque Maçon devrait se poser : hormis les FF:. de mon atelier ou d’autres organes liés à la GLSA, avec combien de personnes ai-je de fréquents rapports sociaux, présentiels et non superficiels ?
Soyons honnêtes et admettons que le plus grand défi actuel réside dans la nécessité d’adapter nos interactions avec les profanes cherchant désespérément la lumière, mais ne la distinguant plus dans toute cette pollution visuelle et auditive environnante.
F:. Aschwanden, V:. M:. L:. Tradition n°51

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