//
Bonne lecture...
Articles

« Une lame de Tarot de votre choix » – travail commun du 24 octobre 2024

Sujet d’étude soumis aux FF:. de la L:. « Tradition n°51 » lors d’une visite officielle à nos FF:. de la L:. « René Guénon n° 76 ».

Illustration de couverture : « La Lune » du « Tarot des chats » de circonstance lors de cette période de l’année et des décorations s’y rapportant…

Illustration ci-dessus : 3 lames du « Tarot maçonnique de Jean Beauchard ».

——————————————————————————————————————

A:. C:. « René Guénon » : Le Pape

Chez nous, ma femme et moi, nous avons un tarot avec des illustrations de Botticelli et le livre La Voie du Tarot d’Alejandro Jodorowsky. Bien que le Tarot de Marseille, les cartes d’Oswald Wirth et le Tarot de Waite soient des classiques respectés, nous préférons quelque chose de plus artistique, car nous sommes trois artistes à la maison. Et l’un de nos rituels, quand nous cherchons de l’inspiration, est de tirer une seule carte et d’en lire la signification. Si la carte nous touche particulièrement, nous la laissons sur notre table de chevet pendant quelques jours.

Aujourd’hui cependant, je ne choisirai pas une carte au hasard. Je vais choisir la carte numéro 5, celle du Pape, car le chiffre 5 est le sujet que je dois développer pour ma planche de maîtrise, et je veux aussi profiter de cette occasion pour explorer les mystères de ce chiffre.

La carte du Pape, ou Hiérophante, trouve ses racines dans l’iconographie religieuse médiévale et de la Renaissance, où elle représentait le pouvoir spirituel de l’Église catholique. Avec le temps, elle a absorbé de nouvelles significations ésotériques et est aujourd’hui vue comme un symbole de sagesse, de tradition, d’autorité morale et de transmission des enseignements spirituels. Ce n’est pas un hasard si elle est la carte numéro 5. Le chiffre 5 symbolise la médiation, la transformation et la croissance — des aspects directement liés au rôle du Pape en tant que guide spirituel. Le chiffre 5 se situe au milieu de l’échelle de 1 à 10, ce qui en fait un point d’équilibre entre les extrêmes du matériel et du spirituel. Il représente une passerelle entre le monde physique et les mystères divins. En occupant cette position dans le tarot, le Pape invite le consultant à rechercher la sagesse spirituelle et la connexion avec le sacré.

Dans la suite des Arcanes Majeurs, la carte du Pape (V) se situe entre l’Empereur (IV), qui symbolise l’autorité terrestre, et les Amoureux (VI), qui représentent les choix et les relations humaines. Le Pape occupe donc une place symbolique en tant que guide spirituel entre le pouvoir matériel et les décisions personnelles et morales. Il est un agent de transformation spirituelle, aidant les gens à dépasser les limites du monde matériel et à progresser dans leur parcours spirituel. Il encourage la croissance intérieure à travers la sagesse, la foi et la tradition.

Alors, MMTTCCFF, cette carte, où l’on voit un homme sage assis sur un trône en train de faire un geste de bénédiction, ne vous fait-elle pas penser à quelqu’un ?

——————————————————————————————————————-


A:. G:. « René Guénon » : La Tempérance

Notre travail consiste à commenter une lame du Tarot de notre choix. Comme je n’ai aucune préférence, j’ai confié mon choix au hasard, ce qui, concernant ce jeu, ne manque pas de cohérence, avouons-le. J’ai donc soigneusement mélangé mon jeu des 22 lames majeures, j’ai coupé le tas par 3 fois, et sorti le numéro 14. Lame XIIII ou « Tempérance. » Juste après la fameuse lame XIII, celle qui n’a pas de nom mais que tout le monde appelle La Mort. Je suis né un 14 mars, signe d’eau… Le hasard a bien travaillé. Pour ce qui est de la tempérance, c’est moins évident…

Sur cette lame, Il y a un ange, asexué comme il se doit. Il déverse un liquide d’une cruche dans une autre. Cette action est forcément symbolique, car je défie quiconque de réaliser cette opération sans en mettre les trois-quarts à côté.

Tous les auteurs qui ont traité du sujet et que j’ai pu consulter, s’accordent pour dire que c’est de l’eau et non pas du vin. Mais là s’arrête le consensus.

Parce que si Wirth transvase d’un récipient d’argent vers un réceptacle d’or, dans la copie que je possède d’un ancien tarot de Marseille, les deux vases sont jaunes. Dans le jeu modernisé dont vous avez reçu une copie, les cruches sont respectivement bleues et rouges. J’ai même un tarot maçonnique d’un certain Jean Beauchard où l’ange, ici très féminin déverse un liquide coloré d’un vase solaire dans une amphore lunaire. (Mariage alchimique ?)

Ce qui me parle dans cette lame, c’est cette action curieuse de transvasement d’un liquide et que ce liquide est toujours de l’eau. L’eau est souvent symbole de pureté, mais pas seulement. Si la Vérité sort du puits, l’eau en est forcément un symbole ! C’est le liquide primordial par excellence, à l’opposé du vin, qui est le fruit du travail humain. Il ne peut, malgré toutes ses qualités, représenter la simplicité de la Vérité. Cette Vérité qui est sagesse doit être transmise. C’est un ange qui agit. Donc cette eau-sagesse-vérité, vient d’en haut.Nous sommes au-delà d’un savoir humain, dans quel cas le liquide aurait pu être, aurait dû être du vin.

Cette lame marque une transition. Après la mort symbolique de l’initiation, il s’agit d’acquérir, ou du moins rechercher cette fameuse Vérité, et surtout de la transmettre.

C’est un petit peu de ce que j’ai pu trouver dans cette lame très riche, que le hasard m’a dévolu.

——————————————————————————————————————–


C:. B:. « René Guénon » : L’Hermite


Ce modeste travail se réfère au tarot dit «de Marseille », la version la plus connue du grand public. Ce n’est que l’une parmi de nombreuses autres. Notre célèbre et défunt F Oswald Wirth lui-même a créé un tarot enrichi de symboles ésotériques inspirés de l’alchimie, de la kabbale et de la franc-maçonnerie.

J’ai choisi de commenter la lame majeure portant le numéro 9, l’Hermite,  orthographié à l’ancienne avec un «H» initial. C’est un choix qui repose sur une certaine affinité que je ressens entre le symbolisme de la lame et des traits de ma personnalité.

L’orthographe inusuelle de cette lame semble nous orienter à dessein vers Hermès Trismégiste et l’hermétisme, de même que le curieux bâton de couleur chair qui peut évoquer un serpent (penser à ceux entrelacés du caducée de Mercure-Hermes). La couleur chair est en effet toujours associée à la vie dans le tarot. Hermès Trismégiste est une figure mythique associée à la sagesse et à la connaissance secrète.

Il ne fait donc aucun doute pour moi que le symbolisme de la lame se rapporte essentiellement à la sagesse et la recherche de la vérité. L’illustration de la lame est celle d’un homme âgé enveloppé d’un long manteau bleu à capuche rouge, appuyé sur une sorte de bâton – déjà évoqué – et tenant une lampe au niveau du visage. Le bleu dans le Tarot de Marseille est une couleur qui invite à la profondeur, à la réflexion spirituelle, et à l’écoute des vérités supérieures. La lampe à hauteur de la tête suggère que la lumière doit éclairer symboliquement le mental comme l’intuition, les outils de recherche de la vérité.

Il est clair qu’il existe une certaine relation entre la kabbale hébraïque et les 22 lames majeures du tarot, 22 étant le nombre des lettres de l’alphabet hébraïque. Certains jeux comportent d’ailleurs inscrit sur la lame la lettre tet (ט), 9e lettre de l’alphabet.

Personnellement, je serais tenté de voir dans le personnage de l’Hermite une image symbolique de Saturne, maître du signe astrologique du Capricorne. Il se trouve que Saturne est conjoint au Soleil dans mon thème astral de naissance. Par ailleurs Saturne est assigné en kabbale astrologique à la sephirah Binah de l’arbre des sephiroth, «la compréhension», terme que je préfère en l’occurrence à celui plus traditionnel de «l’intelligence».

En résumé, L’Hermite est une carte profonde et introspective qui invite à la réflexion et à la recherche, suggérant que les réponses aux questions essentielles se trouvent souvent en soi-même.

—————————————————————————————————————

F:. A:. V:.M:. de « Tradition » : L’Arcane sans nom


Il y a plusieurs années de cela, j’ai vu trônant fièrement dans la vitrine d’un magasin ésotérique le « Tarot maçonnique de Jean Beauchard ». Inutile de dire que je l’ai acheté… Peu de temps après, à la librairie de la Louve (spécialisée en occasions), je suis tombé sur le livre d’Oswald Wirth : « le Tarot des imagiers du Moyen-Age », que j’ai forcément également acheté…

Nul besoin de préciser qu’ils ont depuis traîné dans ma bibliothèque, j’ai donc été très heureux de voir le thème d’étude de ce soir afin d’avoir enfin une raison de les dépoussiérer.

C’est donc ainsi que j’ai décidé de vous parler de la 13ème lame majeure du Tarot, appelée « la Mort », ou « Arcane sans nom ». Pourquoi sans nom ? Parce que c’est la seule carte sur laquelle ne figure que la numérotation.

Était-ce par superstition de la part des imagiers du 15ème siècle ? Ou simplement n’avaient-ils pas jugé possible de l’écrire, la synthétise en un nom – de par sa complexité ou par peur de la dénaturer de son sens profond ? A cette époque, une philosophie assez répandue prétend que rien ne meurt, mais que tout change d’aspect. Ceci est visible dans l’art de cette période, le meilleur exemple étant les représentations de « danses macabres ».

Donc dans la symbolique de l’époque, la mort ne tue pas mais réveille autre chose en dissociant ce qui ne peut plus vivre : elle est par conséquent génératrice de vie universelle.

Oswald Wirth nous dit dans son livre que le squelette représenté sur la 13ème Arcane fauche « à gauche », ce qui est apparemment une anomalie (je me suis renseigné et en effet en principe on fauche de gauche à droite). Cette anomalie probablement volontaire fait que le squelette et la faux dessinent la lettre « Mem ». Ce fait est également confirmé par Jean Beauchard dans le livret explicatif accompagnant son « Tarot maçonnique ».

La lettre « Mem » (13ème lettre de l’alphabet hébraïque – 13, tout comme le numéro de la lame), cette lettre « Mem » est proche du mot héreu « maïm », qui signifie « les eaux ». Dans la Kabbale « Mem » évoque le changement, les cycles de la mort et de la renaissance : une alternance symbolisée par le mouvement de l’eau, d’où la couleur associée à cette lettre, le bleu. L’eau : cet élément instable, changeant et qui peut être associé au côté féminin (spirituel) de l’existence – tout comme la Lune l’est dans notre Temple. L’eau peut être active ou passive, destructrice ou au contraire porteuse de vie. Cette dualité est retrouvée dans la symbolique de « la grande faucheuse » : elle taille l’humanité tel le jardinier taille un arbre afin de le revitaliser.

La deuxième chose frappante sur cette lame est la couleur de la terre : NOIRE.
Tout comme « l’œuvre au noir » : mort, dissolution du mercure et coagulation du soufre (ces symboles vous rappellent-ils quelque chose ?), cette « œuvre au noir » qui est la première étape du grand œuvre alchimique.

Première étape également de notre parcours initiatique, lors du passage dans le cabinet de réflexion durant lequel nous avons dû apprendre à mourir pour mieux renaître et ainsi amorcer le commencement de notre cheminement maçonnique. Savoir mourir – à chaque fois – constamment, rompre les préjugés et avancer pour devenir quelqu’un de meilleur. Ainsi – comme le souligne notre « Cher Oswald » – l’initié que nous sommes reconnaît dans la mort « l’agent du progrès » et n’a aucune crainte à son approche.

——————————————————————————————————————-

H:. N:. « René Guénon«  : L’impératrice 


Elle est la troisième lame du Tarot dans la série de préparation selon Oswald Wirth. Sa lame correspondante dans la série d’étude est le jugement.

L’impératrice est auréolée de 9 étoiles, elle est assise sur un trône dont le dossier semble constituer ses ailes. Dans la main gauche elle porte un sceptre qui se termine vers le haut par une croix surmontant un globe. Dans la main droite elle porte un petit bouclier décoré d’un aigle. A sa gauche on aperçoit un narcisse ! Sa tête est surmontée d’une couronne relativement modeste. Son expression n’est, ni joyeuse, ni triste, mais très sérieuse tout de même. Elle porte une jupe ample et longue qui descend jusqu’à ses pieds. Elle semble jeune.

Il se dégage de cette lame une impression de pouvoir, d’autorité et en même temps de bienveillance. Son regard semble scruter dans le lointain… l’avenir. Elle est de face ce qui lui donne une allure équilibrée. Elle représente en quelque sorte la justice terrestre suprême, la responsabilité face aux populations dont elle a la responsabilité, d’où son regard lointain qui scrute l’avenir.

On ne devient pas impératrice par hasard : c’est soit par héritage et alors la charge est imposée, soit par volonté face à d’autres concurrents et là l’égo joue un rôle évoqué par le narcisse !

Le pendant de l’impératrice est :

Le jugement :

20ème lame du Tarot, faisant partie selon Oswald Wirth, de la série dite d’étude. Cette lame représente un être ailé, tronqué du bas, encerclé d’un nuage (il est donc aux Cieux), muni d’une trompette décorée d’un drapeau rouge avec une grande croix noire et jaune.

En dessous de lui 3 personnages : à gauche de l’ange, un homme et à sa droite une femme, tous deux de face. Un 3ème personnage, peut-être l’androgyne(?) est de dos au milieu. Tous les 3 sont nus et immergé dans un bain d’eau densement verte. Ils semblent tous regarder vers l’ange de la justice qui émet (déverse) des rayons multicolores et gouttes multicolores en leur direction.

Ce jugement-là, à la différence du jugement terrestre basé sur une autorité temporelle et ses attributs, semble transparent, lumineux et extrêmement léger, doué d’une justice dépourvue de préjugés. Cette justice est distribuée de façon complètement équitable et si cela représente vraiment le Jugement Dernier c’est plutôt réconfortant de savoir qu’à ce moment-là nous serons jugés pour ce que nous sommes vraiment et pas par des juges influencées par des préjugés et des contraintes politico-temporelles.

Mais au fait peut-être qu’il n’y a pas de jugement ultime, mais plutôt une immense acceptation de toutes nos bonnes et moins bonnes actions toutes liées à notre charactère (plus ou moins bon) et aux « samscara » hérités de nos vies précédentes. Ce qui sera intéressant ce jour-là, sera surtout l’attitude et la façon dont nous aurons été tout au long de notre vie face aux vicissitudes de celle-ci.

Plutôt qu’un jugement répressif nous plongerons peut-être dans un océan de Lumière et d’Amour… aucune religion ne peut empêcher l’homme de rêver.

—————————————————————————————————————

J:.-M:. R:. « René Guénon » : L’Arcane sans nom

La seule lame majeure sans nom. Peut-être pour nous mettre en garde: méfions-nous des apparences, des évidences! Même scénario avec le Mat qui ne porte pas, lui, de numéro. Il se tient étrangement dans la même position.

Un squelette, donc, sur la lame 13, muni d’une faux. On pourrait dire que la peau a quitté la chair: il s’est défait de la superficialité. La chair, quant à elle, est en train de quitter les os; bientôt, il aura cessé de s’agiter. Ne restera alors que ce qui – symboliquement du moins – est éternel.

Il a une idée derrière la tête, le squelette, littéralement. Idée intuitive, puisqu’elle a tout d’une lune, ladite tête: renouer avec le sacré. Car c’est à la base de son crâne que l’on distingue vaguement le tétragramme iod-hé-vav-hé, le mystérieux nom divin, dont la valeur guématrique est 26. Le double de 13. Il serait à mi-chemin, le faucheur. C’est un initié qui fait table rase du passé, et aspire à renaître.

Au sol, un pied et des mains dont on ne sait pas toujours s’ils s’apprêtent à être enfouis ou s’ils surgissent du sol noir. L’obscur inconscient? Bien rangées, à gauche la tête de la reine; à droite, celle du roi, qui ne semblent pas perturbés. La mère et le père des noces chymiques[1]? Le squelette et ses maigres chairs seraient-ils en formation plutôt qu’en putréfaction? Aurait-on affaire à l’Androgyne, la Pierre Philosophale?

On pourrait considérer là une étape de séparation, de dissolution, de solve de l’Art Royal. Au sein des éléments épars, on trouve deux os, dont un percé de sept trous qui évoquent aussi bien les sept notes de la gamme – donc l’harmonie, on dirait d’ailleurs une flûte – que les sept étapes de la plupart des processus alchimiques et initiatiques, parmi lesquels notre REAA[2]. Ou bien d’autres choses encore.

Relevons, pour finir, que le Tarot compte 22 lames majeures (des carrés longs, soit dit en passant), comme les 22 caractères de l’alphabet hébreu, ou les 22 voies de l’Arbre de Vie de la Kabbale. Or la 13e lettre hébraïque est le mem. C’est celle du questionnement. Serait-ce parce que le Pendu de la lame précédente, numéro 12, a regardé le monde la tête en bas, le reflet de ce que l’on appelle la réalité, l’autre côté du miroir, à l’instar d’Alice[3], de Lewis Carroll?

Mem, lettre du questionnement, disions-nous, car Mi et Ma signifient « qui » et « quoi », « d’où », et Mataï « quand ».

L’élément lié à mem est l’eau, l’eau matricielle de la Genèse, nous dit Frank Lalou[4], et sa valeur est 40. Soit le 4 des 4 éléments de la totalité de la manifestation, fois le 10 du retour à l’unité, du départ d’un nouveau cycle. Le 40 biblique des mutations, des évolutions, des changements: 40 ans du peuple d’Israël dans le désert, 40 jours de Moïse sur le Sinaï, 40 jours et 40 nuits d’attente de Noé et sa famille sur les eaux du Déluge, etc.

La lame suivante, numéro 14, Tempérance, après l’apparente violence du 13, respire la sérénité et l’équilibre. Elle représente un ange qui transfère un liquide, à l’évidence de deux natures – on dirait deux serpents –, d’un récipient dans l’autre. Le bas de sa robe fait penser également à deux serpents qui s’entrelacent. Serait-ce l’Hermès-Mercure? Nous ne saurions le dire. Et puis, c’est une autre histoire.

——————————————————————————————————————–

M:. A:. W « René Guénon » : Les Étoiles

Avant d’aborder la lame 17, regardons ce qui ce passe sur celle qui la précède, la Maison Dieu. La foudre brise une tour sur laquelle se trouvait une personne qui a été précipité au sol. Le haut de cette tour ronde est coiffé de structures carrées : la matière domine – encore – l’esprit. L’homme est couronné, il croyait être arrivé au but. La foudre lui a enlevé toute ces illusions. Le nombre cette lame, le 16, nous confirme sa nature terrestre.

Elles suggère aussi une autre interprétation : en y regardant de près, on s’aperçoit que la foudre émane du soleil : cet adepte est foudroyé par une lumière spirituelle, il est illuminé. Toutefois, à l’instar de la cérémonie d’initiation, cette illumination n’est que virtuelle, elle doit encore être réalisée. Par les trois lames qui suivent, les étoiles, la lune et le soleil, il va être exposé à des lumières de plus en plus brillantes, lui permettant ainsi s’approcher du but.

La 17ème lame, les Étoiles, est une suite logique de la précédente. Débarrassé de son égo, le héros est en mesure d’entrevoir la Vérité. Celle-ci est représentée sous l’apparence d’une jeune femme nue humblement agenouillée. Dans ces mains, elle tient deux cruches, l’une d’or, l’autre d’argent. Ce sont les mêmes cruches qui figurent sur la 14ème lame, la Tempérance. Là, l’eau, qui symbolise l’âme, est transvasée de la cruche d’argent, du monde matériel, dans la cruche d’or, au monde spirituel. Il s’agit d’un changement ontologique, comme il a été annoncé par la lame qui la précède, l’arcane sans nom. Notons que cela n’est possible qu’avec une aide venue du ciel, ici celle d’un ange.

Revenons aux cruches que tient la Vérité. Dans sa main gauche, côté féminin, passif, intuitif, elle tient celle d’argent et verse avec tendresse et amour de l’eau claire sur la terre pour la féconder, pour lui donner la vie. La petite plante verte qui pousse dans son dos en témoigne.

De même, dans sa main droite, côté du masculin, de l’actif, de la raison, la cruche est d’or. Il en sort une eau bouillonnante qui est déversée dans une mare. Cette mare pourrait symboliser l’âme du héros qui est encore endormie et pleine d’impuretés que la Vérité veut réveiller et purifier.

Remarquons que la vierge se débarrasse de toute eau: la Vérité est Une, sans aucun attribut, le Ciel et la Terre ne font plus qu’un ; ce n’est pas un hasard si sa place est à moitié sur terre, à moitié dans le ciel étoilé.

À l’horizon, entre terre et ciel poussent à droite une branche d’acacia, à gauche un rose visitée, vivifiée par un papillon. Selon la tradition, la croix du supplicié est faite de bois d’acacia. En plaçant la rose au centre de cette croix, on obtient le symbole des Rose-Croix, dont la signification pourra vous être donnée plus tard.

Toute la moitié supérieure de lame est occupée par des étoiles. Après le foudroiement aveuglant, la sagesse se révèle dans une lumière toute douce, lumière qui va augmenter progressivement avec l’apparition de la Lune, puis du Soleil. Toutes ces étoiles ont huit branches et non cinq comme on pourrait s’y attendre. Au centre domine une grande étoile entourée sept petites étoiles, quatre jaunes et trois bleues. Comme vous le savez, le quatre symbolise le monde matériel, ici en jaune, et le trois le monde spirituel de couleur bleu. L’union de ces deux mondes symbolise l’homme transcendant qui, selon René Guénon, s’est fondu dans le Un.

La grande étoile centrale est dédoublée, et la moitié de ses rayons sont verts, ce qui permet de l’identifier comme Vénus, l’étoile du berger. C’est la première étoile à être visible le soir, et la dernière à s’éteindre le matin, marquant ainsi la mort et la résurrection. D’autre part, le chiffre huit couché sur la côté désigne l’infini, l’éternité. Et sur cette lame, il y a au total huit étoiles octogonales.

Vénus, l’Aphrodite des grecs, est la déesse de l’Amour. Sans amour, impossible de découvrir la Vérité, et ce n’est pas un hasard si la lame qui se trouve au-dessus dans la première rangée des arcanes, est celle des amoureux.

Pour terminer, j’aimerais vous dire comment l’apôtre Paul parle de l’amour dans sa 1ère lettre aux Corinthiens. Il la décrit concrètement par l’action qu’elle suscite : « l’amour prend patience, l’amour rend service, il ne jalouse pas, il ne fanfaronne pas, il ne s’enfle pas d’orgueil, il ne fait rien de laid, il ne cherche pas son intérêt, il ne s’irrite pas, il n’entretient pas de rancune, il ne se réjouit pas de l’injustice, mais il troue sa joie dans la Vérité. » (I Cor 13, 4-6).

————————————————————————————————————-

M:. W:. « René Guénon » : Le Monde

‘Le Monde’ est la dernière carte du Tarot, numérotée 21 dans les arcanes majeurs. Elle symbolise principalement l’accomplissement et l’harmonie. En soi, si la carte est puissante et évoque l’idée de plénitude et de réalisation, c’est le contexte du tirage qui lui donne sa couleur positive ou négative.

Elle est représentée par une figure féminine nue, dansante, debout, au centre d’une couronne de laurier entouré d’animaux. La femme en son centre est associée à la nature, à la fertilité et à la sagesse. Elle représente l’aspect réceptif et intuitif de l’être humain. La figure féminine incarne l’équilibre entre les forces opposées (le masculin et le féminin, le conscient et l’inconscient) et symbolise l’accomplissement et la renaissance.

Elle a deux bâtons dans la main, image de l’équilibre entre le monde matériel et le monde spirituel. La couronne de laurier qui l’entoure représente le succès et l’achèvement d’un cycle, entouré elle-même d’animaux et de forces de la nature (lion, taureau, aigle, ange) qui sont associés aux quatre éléments.

Faire une synthèse simple ou univoque de cet ensemble visuel ne semble pas faire de sens. Il s’agit de les lier à une question ou à une quête. Par exemple à un accomplissement personnel, une découverte ou à une recherche d’harmonie

La carte ‘Le Monde’, lorsqu’elle apparaît dans un tirage en réponse à une question sur l’avenir, porte généralement un message d’accomplissement, de cycle terminé et de nouveaux départs. Elle suggère que la période traversée est sur le point de se conclure, laissant place à une nouvelle phase de vie.

N’ayant jamais pratiqué le tarot, je me suis senti pris au dépourvu devant la richesse visuelle symbolique de la carte. Praticien régulier du Yi King comme oracle, celui-ci se présente de façon plus austère, avec ces hexagrammes épurés.  Et pourtant tout deux, lorsqu’utilisé comme oracle demande une pratique une connaissance du texte ou de la symbolique, tout comme une écoute et lecture intuitive des réponses données.

C’est cette interrogation devant l’inconnu qui m’a incité à tester un autre inconnu, certes moins ésotérique, quoique, dirai certains. J’ai interrogé l’intelligence artificielle pour conclure cette présentation de la lame ‘Le Monde’. La réponse fut la suivante :

« Le Monde est une carte puissante qui évoque l’idée de plénitude et de réalisation. Elle nous rappelle que chaque fin est également un nouveau commencement. C’est un appel à célébrer ce que nous avons accompli et à accueillir ce qui vient, avec confiance et ouverture d’esprit. En tant que carte de complétude, elle invite à se reconnecter avec soi-même et avec l’univers, soulignant l’importance de l’équilibre et de l’harmonie dans toutes les sphères de la vie. »

——————————————————————————————————————
T:. R:. « Tradition » : L’Hermite

L’objectif de ce midi est de faire, en une demi-page,  une planchette sur une lame du tarot et son lien avec la FM, tâche ardue. Alors j’ai mélangé mon jeu et ai tiré la lame VIIII, celle de L’Hermite; c’est écrit avec un H alors qu’actuellement « ermite » s’écrit sans H.

Alors d’abord pourquoi ce « H »?

Quelques pistes: Sur le plan spirituel, (et de par sa forme particulière) le « H » est une lettre de hauteur et d’élévation. Il rappelle l’échelle qui relie le terrestre au céleste, le physique au spirituel. Cette lettre montre une quête de connaissances supérieures, cherchant à établir une connexion profonde avec le divin. Nous verrons que ce « H » n’est peut-être pas là par hasard.

J’ai donc tiré la lame de l’Hermite à l’endroit et la signification donnée par le livre qui accompagne le jeu est: méditation, moralité, respectabilité, spiritualité, vieillesse et solitude. Ne connaissant rien au Tarot, je me suis basé sur ce que je voyais sur cette lame:

Un homme barbu habillé d’un manteau à capuche rouge à l’extérieur et bleu à l’intérieur. Il part également une tunique avec une bande verticale jaune entourée de deux bandes verticales vertes. A la main droite, il porte en l’air une lanterne allumée et un bâton touchant le sol dans l’autre main. Il regarde sur la droite.

Partons de l’intérieur, le jaune d’abord qui est souvent associée au soleil et à la lumière. Cette couleur est également associée à l’intellect et à la connaissance, ainsi qu’à la purification et à la guérison. Les alchimistes ont utilisé la couleur jaune comme symbole de la transformation et de l’illumination spirituelle, ainsi que comme représentation du corps astral.

Le vert ensuite qui, dans la tradition chrétienne (j’ai pris cette interprétation car nous sommes une loge de St Jean), est souvent associé à l’espoir et à la renaissance, représentant la vie éternelle et la résurrection.

Nous avons donc connaissance, espoir et renaissance.

Alors l’association de ces deux couleurs m’a directement fait penser à notre VITRIOL: Visita Interiora Terrae, Rectificando Invenies Occultum Lapidem, c’est-à-dire en français: « Visite l’intérieur de la terre et en rectifiant tu trouveras la pierre cachée ».  Ainsi ce VITRIOL est caché, dissimulé, sous un manteau bleu à l’intérieur et rouge à l’extérieur; quelle est la signification de ces deux couleurs:

Le bleu est souvent associé à l’élément de l’eau, qui représente la vie, la purification et la régénération. Le bleu est également lié à l’élément de l’air, qui représente la liberté, l’inspiration et l’esprit ou encore la paix intérieure.

Le rouge, dans les enseignements ésotériques, est associée à la racine chakra, qui est le premier des sept chakras. Le chakra racine est situé à la base de la colonne vertébrale et est associé à la survie, à la sécurité et à la stabilité; et c’est ce dernier mot qui nous intéresse.Le rouge, dans les enseignements ésotériques, est associée à la racine chakra, qui est le premier des sept chakras. Le chakra racine est situé à la base de la colonne vertébrale et est associé à la survie, à la sécurité et à la stabilité; et c’est ce dernier mot qui nous intéresse.

Ainsi nous pourrions interpréter cette lame VIIII de l’Hermite comme un guide vers le chemin de la Sagesse: d’abord se connaitre pour se construire (jaune et vert) puis passer au bleu couleur de la lune (et de la féminité) stade de la purification, de la sérénité, un état de conscience supérieur, en nous aidant à nous connecter avec notre Moi intérieur.

Enfin le rouge qui dans la tradition bouddhiste, est considéré comme la couleur du feu, de l’énergie et de la transformation.

Il est tourné vers la droite, regarderait-il donc vers le futur? A la main droite, il porte une lanterne en l’air au-dessus de lui (pour éclairer ce futur?) et à la main gauche une canne avec le pommeau recourbé et dont l’autre bout touche le sol. Tel le derviche tourneur, l’Hermite pourrait symboliser l’équilibre entre le ciel et la terre; la quête de l’être humain pour trouver la divinité d’Amour qui est en lui, pour être lui-même meilleur et ainsi pouvoir rapprocher les Hommes dans la Paix.

—————————————————————————————————————–

Y:. P:.  V:.M:. de « René Guénon » : La Tempérance

L’origine du Tarot de Marseille remonterait à la Florence de Médicis, où Marsilio Ficino, né en 1433 et mort en 1499, philosophe de la Renaissance, féru d’astrologie et qui dirigea l’Académie néoplatonicienne de Florence, en aurait été l’initiateur pour diffuser un enseignement ésotérique. Premier traducteur du grec au latin de Platon, il traduisit également le Corpus Hermeticum d’Hermès Trismegite. Il y aurait ainsi d’après Christophe Poncet, une ressemblance troublante entre la traduction avec ses commentaires de l’oeuvre de Platon et la description des lames. Celui-ci écrit d’ailleurs dans « L’esprit du monde de Marsile Fircin dans la carte du monde du Tarot de Marseille », que « l’ensemble des cartes constituerait ainsi un aide-mémoire ludique visant à synthétiser et structurer un grand nombre de sources textuelles et iconographiques issues de traditions diverses ». Pas surprenant que les FF.˙. MM.˙. s’y intéressent. Depuis les tarots ont fleuri et celui sur lequel j’ai porté mon attention est celui de Marseille, dont la plus ancienne version connue fut établie par Jean Noblet en 1650, à Paris.

J’ai plus particulièrement étudié une lame en particulier : La Tempérance. La Tempérance succède à la Mort. Car après avoir triomphé des 4 épreuves de l’Initiation, après être mort à soi même durant son passage dans le cabinet de réflexion, l’un des premiers enseignements de l’A.˙., l’un de ses premiers travaux, c’est d’apprendre la tempérance. La modération, la retenue de soi-même volontaire. Elle est conciliation, recherche de l’harmonie et de l’équilibre. Au passage, ajoutons que la Tempérance est, avec la Justice, la Prudence, la Force, l’une des quatre vertus cardinales chez Platon – tiens, tiens.

Je ne commenterai pas le fait que la Tempérance soit représentée par un ange. En effet, cette particularité n’est pas présente dans les versions de Tarot plus anciennes, notamment, celui de Visconti-Sforza, remontant à 1460.

Par contre, si on regarde cette lame de plus près, certains points sont récurrents:

  • les couleurs, dont la symbolique à l’époque était beaucoup plus prégnante que dans le monde contemporain : le bleu ; symbole de l’eau, du féminin, de l’intuition, de l’introspection, la colonne du Nord , le premier grade, le mercure ; et le rouge, symbole du feu masculin, de l’action, la force agissante, le deuxième grade, le souffre. Ces deux couleurs s’équilibrent chez l’ange.
  • Puis la position du corps : la tête tournée d’un côté, le corps de l’autre. Irrémédiable oppositions que l’ange sait contenir.
  • Enfin, l’ange verse un liquide, vraisemblablement de l’eau, symbole de pureté et de vie, d’un pot dans un autre, d’un état à l’autre, comme dans un éternel mouvement. Car on ne s’imagine pas l’ange s’arrêter une fois l’un des pots pleins et l’autre vide.

Et tout est mouvement dans cette représentation. Mais un mouvement régulier, continu. Eternel recommencement. Perpétuel travail, perpétuelle activité que celle de trouver l’équilibre entre les forces contradictoires et les passions qui nous animent. Ainsi le salut de l’A.˙. est un pas. Où le pied gauche, celui de la colonne du Nord, de l’intuition, de la Lune, avance en premier. Immédiatement suivi et modulé, corrigé par l’équerre, symbole de raison, que forme le pied droite. Irrémédiablement suivi d’un autre pas. Et un autre. Enfin, pour terminer, je rappellerai que si la Tempérance succède à la Mort, elle précède le Diable. Mais cela sera le thème d’un autre travail.

Si vous avez eu le courage d’aller jusqu’au bout de cet article, sachez tout d’abord que vous avez tout notre respect, mais nous espérons surtout que cette démarche vous aura donné un aperçu des travaux menés en Loge.

Discussion

Les commentaires sont fermés.

Qui sommes nous?

Etoilejpeg

A∴L∴G∴D∴G∴A∴D∴L∴U∴

La Loge Tradition, fondée le 24 septembre 1972 à l'Orient de Lausanne et portant le No 51, est membre de la Grande Loge Suisse Alpina et travaille au Rite Ecossais Ancien et Accepté (REAA).

Entrez votre adresse e mail afin de recevoir une notification à chaque nouvelle modification de cette page

Rejoignez les 114 autres abonnés